Vivre mieux, vivre ensemble


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Vivre mieux ou la sobriété heureuse – Cinquième jour aux Péranches

Le passage par les Péranches a été est riche tant du point de vue du fonctionnement de la vie en commun que de notre adaptation à des conditions de vie sommaires. Ce mot sonne un peuimg_2248 faux puisque nous cherchons un antonyme au mot « confort » alors que nous n’avons pas l’impression d’avoir été privé de quoi que ce soit.

Quand on parle de confort, on pense tout de suite au côté matériel, mais en réalité chacun en a sa propre conception.

Après la première nuit sous la tente, gratifiées de la première gelée automnale, nous avons migré vers la « salle commune ». Cette pièce n’est pas chauffée, mais dans notre duvet et avec des couvertures, notre corps supporte parfaitement ces basses températures et ne subit pas de choc lorsque nous sortons dehors. Depuis le début de notre séjour, nous nous réveillons naturellement et régulièrement avant le lever du soleil avec la sensation que la journée nous appartient. Ne pas avoir d’impératif horaire et de stress à son égard entraine peut-êtreimg_2250 un meilleur sommeil…

Aux Péranches, nous bousculons nos habitudes et vivons chaque remise en question de nos gestes quotidiens comme une découverte, un apprentissage. Pas de chauffage, pas d’eau chaude, pas de douche, pas de toilettes à chasse d’eau,… À y regarder de plus près, nous n’avions même pas pensé à vous en parler plus tôt. Cette transition du quotidien prend pourtant beaucoup de temps sur une journée pour les néophytes que nous sommes. Se laver, c’est déjà tout un programme…

Mode d’emploi pour prendre une douche dans un tipi. « Choisir un tipi en plein air, faire chauffer une bassine d’eau sur un feu de bois et, une fois la température désirée obtenue, la transporter jusqu’au lieu de la toilette – bien sûr, par peur d’en manquer, nous avions pris deux fois trop d’eau. Prévoir de l’eau froide pour mitiger, un petit récipient pour s’arroser, savon et gant pour se frotter. » C’est certain qu’avec le froid environnant, la « douche » ne prend pas plus de 3 minutes. On devient alors plus efficace et on le vit sans remords pour la planète !

Mais il faut avouer que notre rythme ici est aussi différent… Le vivrions-nous aussi bien si nous devions aller travailler 39h par semaine dans des bureaux, si nous avions des enfants ? Et qu’en est-il en hiver ? Peut-être que d’abord on se laverait moins… Bien sûr, les familles aux Péranches font leur toilette dans leur habitat chauffé. Nos conditions sont celles d’habitantes temporaires, mais elles entrainent une forte réflexion quant à nos besoins réels.

Le confort acquis dans nos foyers est le fruit d’une industrie effrénée. Nous avons perdu le lien entre ressources et consommation. Nous ne savons plus ce que « coûte » l’eau potable à notre planète, elle coule de notre robinet telle une source sans fin…

Nous savons aujourd’hui que cette vision sera difficile à honorer. Laissons la procrastination de côté, arrêtons de dire que nous n’en sommes pas capables ! Essayons et remettons en question nos certitudes concernant nos besoins ! La question des ressources tant du point de vue de leur coût que de leur gestion, elle est incontournable pour le projet d’écolieu ! Un coordinateur énergie ? Un coordinateur compost ?

Vivre ensemble

Les habitants des Péranches ont des similitudes dans leur recherche d’habitat, dans la manière de se nourrir ou de vivre ensemble. Mais partager des valeurs sur la vie et le quotidien, facilite-t-il la communication et donc l’organisation d’un lieu de vie commun ?
Adopter des règles de fonctionnement, prendre des décisions, initier et porter des projets au niveau de la structure, etc., toute collectivité s’y frotte. C’est l’art et la manière dans la réalisation qui fait la différence…

Les Péranches recherchent un fonctionnement horizontal, collégial où chacun a son mot à dire et son rôle à jouer. Ce n’est pas une mince affaire ! Le mandala holistique qu’ils ont commencé pour définir la raison d’être du lieu n’est que le début de l’aventure… Savoir où l’on va, ensemble, c’est la première pierre. Et celle-ci, elle n’est pas prête d’être posée à Chinon tant les possibilités sont nombreuses… Nous espérons grandemeimg_2256nt découvrir différents modes d’organisation afin de nous guider. Nous pensons fortement aussi que notre comportement doit pour cela évoluer, s’ouvrir aux différences et apprendre de cette diversité. Cela induit une forme d’intelligence collective, de la bienveillance et une réelle « positiv’ attitude » !

Être ensemble, travailler ensemble et même vivre ensemble… De plus en plus de personnes y aspirent : les jeunes travailleurs s’installent en collocation pour des raisons économiques mais aussi pour partager la vie de tous les jours, des habitats partagés ou des écoquartiers* fleurissent en ville comme à la campagne, des espaces de co-working* se développent même en zone rurale . Alors que les médias nous renvoient l’image d’une société apeurée par « l’autre » dans laquelle le sentiment d’insécurité grandit, les situations d’exclusion et de solitude se révèlent (étudiants pauvres, personnes âgées seules, saturation des hébergements d’urgence, migrations, etc.). Qu’attendons-nous pour faire tomber les barrières des générations, des langues et des cultures ? Pour vivre heureux, vivons ensemble !

 

*Ecoquartier

Les Ecoquartiers permettent de tester des solutions nouvelles pour répondre à la crise de l’urbanisme. Ils jouent le rôle de terrains d’expérimentation et approfondissent la transformation des pratiques urbanistiques. Dans le contexte du grenelle de l’environnement, une Charte ÉcoQuartier a vu le jour afin d’encourager les élus à l’intégrer aux lois fondatrices d’un urbanisme durable dans une dynamique de progrès.L’ Ecoquartier est un projet d’aménagement urbain respectueux des principes du développement durable et qui s’adapte aux caractéristiques de son territoire. Le ministère a également mis en place un référentiel en matière d’aménagement durable ainsi que des textes de référence qui développent les principes de la Ville durable.

Un exemple de projet tout près de chez vous, à Tours http://monconseil.tours.fr/decouvrir-le-projet/presentation

**Coworking

Ce concept, apparu en France en 2005, fait de plus en plus d’adeptes et, comme son nom l’indique, l’objectif est de  « travailler ensemble », dans une nouvelle vision du travail qui allie autonomie et collaboration. On dit que les espaces de coworking seraient inspirés en droite ligne des ateliers d’artistes du début du XXe siècle, au premier rang desquels Le Bateau Lavoir de Montmartre ou La Ruche de Montparnasse. A l’époque, ils proposaient déjà un cadre chaleureux où les peintres en herbe pouvaient se retrouver  pour développer leur créativité dans un lieu inspirant, entretenir leur réseau tout en faisant des économies en partageant les coûts. Ce nouveau mode de travail investit des espaces variés: premier étage d’un café, maison à la campagne ou bureaux en location avec des règles de fonctionnement simples .Au sein d’un espace collaboratif, des auto-entrepreneurs, travailleurs indépendants ou nomades, développent leurs projets en toute autonomie. Ils mettent en commun le matériel mais également leurs cellules grises jusqu’à créer des partenariats avec les autres coworkers. Nous sommes tous le client de quelqu’un, pour peu que les compétences soient complémentaires et le tour est joué !

Faites un tour ici : http://www.mutinerie.org/village-homepage/#.WBmHI4QyCQs

 

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