Pour des habitats et une éducation durables


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Jour 2 – Une belle matinée aux premières couleurs d’automne

La journée commence avec une fine couche de gel sur notre tente, puis l’arrivée d’une petite dizaine de joyeux bénévoles venus prêter main-forte pour la préparation du chantier de construction… d’une figue, l’habitat léger créé par Guillaume ! C’est celle d’Odile ! Amis de la dernière ou de Guillaume, curieux et motivés, nous p1000109sommes partis dans les sous-bois scier des perches de noisetiers. Avant de commencer, nous faisons une « météo ». En cercle, chacun peut se présenter et dire quelques mots. Odile est émue, l’une de ses amis propose un temps de remerciement pour le don que la forêt va lui faire. Au retour, c’est un pique-nique en plein air et au soleil qui nous attend, le temps d’échanger quelques mots avec Odile en aparté. « Le chantier a bien commencé et en plus on est nombreux. » Cela fait dix ans que l’idée d’un habitat léger lui trotte dans la tête. C’est Florence, la présidente de l’association « Habitat Libre en Poitou » qui lui a présenté la figue de Guillaume. Odile recherchait autre chose qu’une cabane ou une yourte et cet habitat dans la forme et dans l’esprit lui correspond totalement. L’après-midi sera consacrée à la collecte d’ajoncs, très utiles pour éviter que les rongeurs ne viennent s’aventurer sous le plancher. Si les habitations légères commencent à nous intéresser grandement, la figue nous conquis clairement !

D’une figue à l’autre

Pour le dîner, Marie et ses deux enfants nous invitent. Chouette ! Nous allons découvrir les entrailles de la figue ! Nous pénétrons dans ce petit cocon éclairé à la bougie et à la lampe solaire combiné aux flammes que le poêle laisse échapper quand nous le rechargeons en bois. C’est ce
dernier qui prime d’ailleurs dans cet intérieur, du plancher à la charpente, avec en fond les draps blancs en coton qui recouvrent les parois. L’atmosphère est douce, chaude et chaleureuse dans cet espace aux formes arrondies doté d’une mezzanine pour dormir encore plus près des étoiles avec un hublot sur la voûte céleste.

p1000131Nous prenons place autour de la table adaptée à la taille des filles et c’est déjà tout un symbole de s’asseoir à leur hauteur et non l’inverse. Oui, les filles adorent les légumes, crus ou cuits, en morceaux ou en soupe, elles savourent des aliments de saison sans rien aouter ! Comme chez Lucile, ici, on ne mange pas de viande et c’est un régal. Ce qui occupe Marie en ce moment, ce sont ses enfants, mais aussi le projet d’une « École autrement ». Julie, ancienne prof des écoles, jubile… Ce n’est pas pour rien qu’elle a quitté l’éducation nationale il y a deux ans. Un projet d’accueil de classes vertes lui trottait déjà dans la tête… Le mode de vie et d’éducation choisi par ces familles questionne sur l’entrée des enfants dans le système éducatif classique, obligatoire dès l’âge de 6 ans. Ici, l’enfant est au centre de son apprentissage, il en est le moteur. Les parents n’en sont point du tout absents, au contraire, ils l’accompagnent dans chacune de ses expériences

« Je préfère prendre le temps d’élever mes enfants plutôt que de travailler pour gagner juste assez pour les faire garder. »

C’est un parti pris et c’est ainsi qu’on apprend la vie aux Péranches…

L’école autrement…

Autour du dernier halo de lumière, Marie approfondit leur projet d’« école autrement ». Connaissez-vous La Ferme des enfants* en Ardèche, où un hameau de 60 habitants mêlant les générations s’est créé autour d’une école ? Un jardin potager, un élevage de chèvres et une boulangerie ont également vu le jour pour nourrir les habitants et les enfants de l’école. L’apprentissage de ces derniers inspire beaucoup les parents des Péranches. Justement, il y a un peu plus d’un an, son initiatrice, Sophie Rabhi, est venue faire une conférence dans la région. « Ce que vous racontez est formidable, mais concrètement, combien dans cette salle aujourd’hui sont intéressés par la création d’une école alternative ? » Parmi les
200 présents, p100023380 mains se sont levées. Incroyable !
Le réseau de « L’école autrement en Vienne » est né. Depuis, ils se retrouvent une fois par mois pour faire avancer le projet. Ils seraient une vingtaine d’enfants et, déjà, un lieu est pressenti… « Au nord-ouest de Poitiers, une école désertée attend le feu vert pour être envahie de nos belles énergies. » La mairie et la communauté de communes doivent encore valider l’arrangement trouvé avec le centre de loisirs, locataire es lieux pour le moment.

« Bien sûr, dans notre imaginaire, nous aimerions beaucoup accueillir une école ici aux Péranches. »

Alors que l’école de la République peine à remplir sa mission, les écoles alternatives semblent séduire de plus en plus de parents…Depuis plusieurs années,des problèmes se cumulent sans que des solutions satisfassent pleinement le corps enseignant et les familles, parole d’instit’. La baisse du niveau,
les difficultés quant à la maîtrise du socle commun de compétences, la dialectique des effectifs et de la pédagogie différenciée, les problèmes de discipline… Selon le bilan national du réseau de l’innovation de septembre 2013, émanant du ministère de l’Éducation nationale, la France compte 352 écoles et 1457 collèges engagés dans des démarches d’innovation ou d’expérimentation et accompagnés par le ministère de l’Éducation nationale. Citons l’exemple de l’école du Tour de Ville à Soissons qui s’est engagée dans le label international d’éducation au développement durable**.

Différentes pistes sont donc explorées comme autant de réponses aux difficultés auquel le système scolaire classique doit aujourd’hui faire face. Le chemin sera peut-être long, mais nous nous disons que c’est peut-être au bout que tout peut commencer… Et pourquoi pas à Chinon ?

 

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Intéressé par les alternatives autour de l’éducation des générations futures ?

*La ferme des enfants

Le Hameau des Buis est un lieu de vie et d’accueil autour d’une école, sur une base vivrière agricole dans le sud de l’Ardèche. Il comprend une vingtaine de logements, du studio au T4, entièrement conçus de manière bioclimatique à base de matériaux écologiques.L’école accueille 80 élèves de maternelle jusqu’au collège et prend sa place dans un mas traditionnel ardéchois entièrement rénové de manière bioclimatique, et quelques yourtes contemporaines. La structure d’accueil n’est pas sous contrat et ne bénéficie d’aucun soutien financier des collectivités locales, les enseignants sont rémunérés par l’association. L’équipe pédagogique s’est constituée au fil du temps autour de la directrice et fondatrice, Sophie Bouquet-Rabhi qui s’est attachée à recruter des éducatrices et des éducateurs dont les compétences sont en corrélation avec le projet pédagogique global

**Eco-école

Eco-Ecole est un programme de l’office français de la Fondation pour l’Education à l’Environnement en Europe, qui reçoit le soutien et le parrainage du Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le programme est développé en partenariat avec Eco-Emballages, Ecofolio, l’ADEME, la Fondation de France et le Réseau Ecole et Nature. Il bénéficie du mécénat de la MGEN, de la Fondation de France et de STEM propreté, du relais de Milan presse et est parrainé par l’Association des Maires de France. C’est également un projet d’établissement où une majorité de classes et d’enseignants sont associés, de même que des acteurs locaux (élus, parents d’élèves, associations…). Les élèves sont associés à chacune des étapes du projet, de la réflexion à la réalisation des actions. A ce titre, ils participent aux prises de décision au sein du comité de pilotage, à la réalisation du diagnostic, à l’élaboration du plan d’action et à sa réalisation, à l’évaluation des actions, à la création artistique, à la communication autour du projet, etc.

 

 

 

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