Au café, on refait le monde… 1


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Est-ce qu’on refait le monde ou est-ce que le

monde sfait autour de nous

Pour notre avant-dernière soirée, nous voulions aller goûter un peu de l’ambiance du Café Associatif de Lerné… Ce petit village où d’irréductibles acteurs du changement sont à l’œuvre depuis quelques années déjà !

Nous avons déjà évoqué et expliqué ce qu’est un café associatif. Celui de Lerné nous fascine un ob_03af2d_logo-cafepeu… Lerné, c’est environ 300 habitants et, comme tous les villages de France, une désertification annoncée. Mais c’est sans conter un réseau très actif de villageois qui ont décidé de faire bouger les choses. Le Café asso, mais aussi une Recylcle’rit ont vu le jour ! C’est aussi l’occasion (du lieu) qui a fait le larron. Le premier fait vivre le village, son réseau, mais organise aussi le bal du 14 juillet par exemple. Il s’ouvre même aux initiatives extérieures, en témoigne, un repas afghan proposé par les demandeurs d’asile arrivés sur Chinon il y a quelques mois – justement, nous avons proposé à nos amis afghans de nous accompagner ce soir là. Comme aime à le rappeler Julie :

– Il n’y a pas de hasard dans la vie, il n’y a que des rendez-vous qu’on ne sait pas lire !

Parce que ce soir-là, c’est celui où le café asso accueille Laurent Baumel, le député de notre circonscription. Bien sûr, on nous a déjà dit à plusieurs reprises d’aller lui parler du projet d’éco-lieu. Bien sûr qu’il est susceptible d’être intéressé à l’échelle du territoire. Bien sûr, il est venu à la rencontre du Café asso de Lerné et a fait le déplacement au img_8864Village des initiatives d’Avon-les-Roches cet été. Il y a donc de fortes probabilités – et on l’espère – qu’il nous soutienne. Mais nous aimerions beaucoup que le projet se développe déjà avec et pour ses acteurs. On doit vous avouer qu’on se méfie un peu des institutions. Tout est question de positionnement et surtout quand il est question de financement. Soit on décide d’être financé, soit on mise sur l’autonomie.

Réflexions en chemin…

L’Europe propose des subventions et la région Centre-Val de Loire est la plus impliquée de l’hexagone dans le développement de l’économie « verte ». Nous savons que des investissements sont ou vont être mis en place. Mais nous nous posons la question : est-ce la bonne solution ? Être financé par des institutions publiques, c’est aussi devoir rentrer dans des cases comme l’obligation de répondre à un cahier des charges européen et donc peu adapté à des structures locales, sans parler d’ailleurs des politiques locales, justement, dont nous dépendrions aussi et qu’il faudrait contenter… Nous ne pensons pas que l’argent doit être le « nerf de la guerre » de cet éco-lieu. Trop d’associations font la course aux appels à projets et subventions quitte à s’éloigner de leur vocation première. Certaines aides importantes lancent des structures, mais elles ne vont pas au-delà des trois premières années. Devrait-on se faire aider de la même manière et utiliser ce laps de temps pour créer une dynamique économique ou, dès le départ, acquérir une indépendance financière et du coup structurelle ? Ou existe-t-il une alternative hybride ? Nous espérons grandement trouver des réponses dans nos pérégrinations, mais vous pouvez aussi commencer à potasser la dessus…

Pour revenir à nos moutons et au cercle politisé formé autour du député. Notre arrivée est bercée par des débats sur la politique nationale, les primaires des grands partis dont les enjeux nous dépassent, etc. Nous étions prêts à nous recroqueviller dans un coin pour jouer au Mikado, lorsqu’arrive sur la table – entre le saucisson, le fromage de chèvre et les pop-corn – la question des demandeurs d’asile et du centre de déradicalisation (terme inconnu au dictionnaire). Le rapprochement nous fait d’ailleurs bondir ! Quelques traductions ne suffisent pas à intéresser nos amis afghans, qui observent patiemment les débats… D’un autre côté, même si la plupart se positionnent en leur faveur, peu s’adressent à eux dans la pièce !

Les valeurs qui nous motivent chaque jour vers la création de l’éco-lieu sont celles du partage mais aussi de la solidarité. Permettez-nous alors de vous parler de nos amis afghans et des 70 autres demandeurs d’asile accueillis à Chinon depuis février dernier.

img_8858Le Chinonais, terre d’accueil ?

Ils sont aujourd’hui 80 hommes, femmes et enfants à être accompagnés à Chinon, Avoine et Beaumont-en-Véron par l’association Adoma dont 3 référentes sociales. Nous remercions bien sûr les municipalités de les avoir acceptés, mais nous aurions aussi aimé que la mairie de Chinon aille jusqu’au bout de la démarche. Il est difficile de faire confiance à une population, mais la crainte d’une minorité bruyante qui a été reçue à l’Élysée pour (ou plutôt contre) le centre de « déradicalisation » l’a emporté sur une majorité silencieuse dont une grande partie aurait aimé apprendre l’accueil des réfugiés par les autorités et non par hasard plusieurs semaines voir plusieurs mois après. Parce qu’un bel engouement s’est opéré autant par la vague de bénévoles venus renforcer les rangs de l’association Lire et Dire pour les aider à apprendre notre langue, qu’avec l’accueil des agitateurs de Nuit Debout un jeudi soir de printemps. Nous avons du mal à entendre que pour des raisons politiques, les institutions font passer l’ignorance avant l’humanisme qui aurait dû dès le début accueillir ces familles. Nous ne condamnons pas ceux qui ont peur, mais ne pas les informer, c’est engendrer la désinformation.
Mais là n’est pas le dernier de leurs soucis… L’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) est de plus en plus restrictive, le gouvernement arguant de l’impossibilité d’accueillir une vague grandissante de réfugiés. Prenons-nous le temps de nous informer à propos de la dictature qui sévit en Ouzbékistan, des familles de Kunduz en Afghanistan déplacées, harcelées ou tuées par les talibans quand ils ne tombent pas sous les bombes, de la guerre civile qui n’en finit pas au Soudan… ? Avons-nous vraiment besoin de savoir tout cela pour justifier l’accueil des hommes, des femmes et des enfants qui ont tout abandonné et tout perdu ?

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Alors, et nous, quel accueil pour l’éco-lieu ?

Finalement, on a tout de même réussi à retrouver le plaisir de jouer en toute innocence… Le Café de Lerné ne propose pas que des rendez-vous politiques, mais aussi des soirées jeux, des projections-débats, etc. Jetez un coup d’oeil au programme : http://cafe-lerne.over-blog.com


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