Brunch au jardin 1


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L’aventure commence ici…

Partir sans dire au revoir ? L’idée d’un pot de départ « sur les routes » a très vite émergé et la question du lieu ne s’est même pas posée. Le Jardin des copains représente à lui seul les valeurs et les idées qui nourrissent le projet : nature, bien commun, partage, biodiversité, permaculture, etc. Ah bon ! Vous ne le connaissez pas ? Mais si ! Une des plus belles vues panoramiques sur la vallée de la Vienne pleine est, nichée au-dessus de la chapelle Ste-Radegonde, au pied des Hucherolles. Un bout de terrain, 200m2, planté en plein milieu de plusieurs jardins familiaux. Vous le reconnaitrez assurément, avec ses bardages en bambou et sa végétation folle !

C’est donc ici que nous avons rendez-vous avec du monde… Enfin, nous n’avons peut-être pas eu le temps de prévenir tout le img_8870monde, dans la précipitation du départ, prévu le lendemain ! Nous arrivons sous une brume matinale – certains nous attendent déjà – pour partager, en toute convivialité, thé, jus et pâtisserie maison, fruit, pain et viennoiseries. Michel a battu le rappel aux Hucherolles et ils sont plusieurs à être venus ! On échange, on interroge, on discute autour du salon de jardin (en palette, s’il vous plait !) et l’on poursuit dans les allées au cours de visites improvisées où l’on découvre les habitants de l’hôtel à insectes. Pour une première année, les récoltes sont plus humaines qu’alimentaires ! Pourtant on prend soin des plantes ici, nulle trace de produits chimiques ou de graines hybrides : c’est beau, c’est bio et écolo ! Kokopéli, grelinette, paillage et désherbages manuels guident les consciences et la manière de cultiver la terre. Il faut dire qu’elle est très sableuse et qu’elle est chaque année retournée à coup de motoculteur. Nous recherchons une agriculture plus douce et naturelle, qui laisse le soin aux vers de terre, à la vie microbienne et autres bioacteurs le soin de s’occuper du sol. Un agriculteur nous a dit une fois :

« Et si je retourne ta maison, est-ce que tu es sûr de réussir à aller travailler demain ? ».

Cette vie, nous la retrouvons petit à petit, grâce aux techniques de la permaculture !

La permaculture, kézako ?

Cette méthode tend à recréer des écosystèmes autonomes où la végétation, les animaux et les Hommes sont complémentaires et s’enrichissent mutuellement. Il est constitué par son environnement. En « perma », on utilise avant tout ce qu’on a à proximité et on le valorise. Chaque élément a toujours plusieurs fonctions. Créer des bandes de cultures associées pour produire en intensif et les paillers avec l’humus de la forêt afin de garder la fraicheur du sol en été ou la chaleur en hiver, de moins arroser et de limiter la pousse des herbes folles (comprenez mauvaises herbes), profiter du bois de la forêt pour la construction d’une cabane, d’une serre ou pour le treillis des bandes de culture. Planter un verger pour ses fruits et son bois de chauffage et dans lequel les poules peuvent se nourrir en diminuant la population de vers, fournir en œufs et en viande. Accepter que les herbes folles puissent img_8872aussi protéger ses cultures et servir au paillage après l’arrachage manuel ou laisser quelques choux, salades ou radis monter en graine pour un essaimage naturel – vous serez heureux de découvrir des pouces de mâche l’année suivante. Rien n’est (dé)fini en permaculture, car chaque environnement a ses propres caractéristiques, avantages et inconvénients.

Au Jardin des copains, cela se traduit par des constructions de treillis et de structures à tomates en bambou mort récupérés sur l’Île de Tours, par un sauvetage – souvent in extremis – des herbes folles des voisins pour pailler notre parcelle, par une tentative de « milpa » (culture associée de maïs, haricots grimpants et courges), par l’utilisation de branches de ronces pour dissuader les oiseaux d’aller grignoter nos choux, etc. C’est sûr, ça ne plait pas à tout le monde. En plus chez nous, rien de rectiligne et aucune terre à nu, mais cela ne nous empêche pas de partager un verre et les conseils de nos voisins-jardiniers aux barbec’ du dimanche matin !

Ce samedi matin, au jardin, ce sont des curieux et peut-être futurs acteurs de l’écolieu qui nous interpellent… Nous entamons les présentations de notre (vous et nous) projet. Chacun est libre d’en proposer sa vision et c’est là tout l’intérêt : construire en apportant chacun sa pierre à l’édifice. Ce n’est pas facile à imaginer… mais les idées ne tardent pas à venir : proche de la ville, un espace ouvert avec la possibilité de venir pique-niquer, une ferme pédagogique parce qu’il y a peu de possibilités « d’approcher des animaux dans le coin », etc

Nos visiteurs nous questionnent aussi sur l’objectif de notre voyage et sur les modes de restitutions de la matière qui en émanera. Grâce au blog, dans un premier temps, nous souhaitons garder le contact, afin d’avancer ensemble vers la création de cet écolieu ou d’autres initiatives alternatives, et dans un second temps, par le partage en chair et en os à notre retour avec les curieux, intéressés de près ou de loin, et les acteurs ou futurs acteurs. Toutes les idées sont les bienvenues, mais sachez qu’une surprise de notre côté se trame déjà !

Une « alternative », c’est quoi ?

C’est pour le dictionnaire « une situation où il faut choisir entre deux possibilités »… Créer une alternative, c’est donc engendrer la possibilité de choisir, choisir le chemin que l’on veut prendre. Le consumérisme et le libéralisme prônés par nos institutions ne sont pas l’unique voie pour nos sociétés. Pour résumer ce qui est déjà ressorti des échanges… Si le projet d’écolieu s’inscrit dans une perspective alternative – et pour résumer les échanges précédents – c’est parce que le profit ne guiderait pas ses actions et qu’il se brancherait sur un mouvement humaniste et écologique, que grâce à une organisation img_8874horizontale chacun serait acteur, que l’espace dédié pourrait être ouvert au public sans distinction, accueillir des initiatives citoyennes, des artisans et entrepreneurs, bref, un lieu commun. On a oublié quelque chose ?

Bref, à peine parties et déjà hâte de rentrer pour retrouver tout ce petit monde, à moins qu’ils ne louent un bus pour nous rejoindre ! Il est bientôt midi au jardin, nos hôtes viennent de partir… Tiens ! Une invitée de dernière minute ! C’est Betty, d’Artissage. Elle est très intéressée par l’idée d’un écolieu, à titre personnel, mais également dans le cadre de son activité au sein de l’association éponyme qui organise des stages de tissage sous le regard bienveillant de Betty Briand. Tiens ! Ça rime ! Faire venir des artisans au sein du lieu est une piste de réflexion envisagée dès le départ. Outre le côté pratique de la mutualisation des espaces – Lucile est contente ! -, il s’agit aussi de faire vivre l’écolieu au quotidien. Et vous, vous êtes artisan ?

 

 


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Commentaire sur “Brunch au jardin

  • Denoix Valerie

    J’ai encore beaucoup appris et je pourrai de nouveau partager sur ces termes: permaculture , alternatif
    Super ce blog pour prendre le temps de comprendre et suivre votre parcours
    En tout cas ça donne envie d’en savoir plus sur votre projet et de suivre l’évolution
    J’en suis toute excitée: un brin d’envie et un bol de jeunesse
    Merci