Du bois, en veux-tu en voilà…et les bancs de l’école dans tout ça?


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Jour 3 – Si six scies scient six saucisses…

Après les péripéties matinales pour trouver du WiFi à Mirebeau, nous accompagnons Guillaume dans l’après-midi à une scierie pour faire… de la récup’ ! Autrement dit, pour « recueillir une matière qui serait perdue ou inutilisée, pour un usage éventuel ». On y aurait pas pensé, mais on ne l’oubliera pas… On y trouve tous les déchets des commandes de l’entreprise. Les restes du débitage des troncs comme la sciure (dont nous repartirons gratuitement lestés de deux « big bag » pour les p1000153toilettes sèches), les copeaux (qui peuvent servir de paillage pour votre jardin ou votre verger) et même des croûtes (des planches dont un côté comporte l’écorce de l’arbre, et qui peuvent magnifier tout abri de jardin pour un coût dérisoire – 30€ TTC la tonne). Nous emporterons avec nous les tasseaux de soutènement du plancher. Et notre tour n’est pas fini puisque nous filons vers le « Big Bazar » de St-Gervais- les-Trois-Clochers. De nombreux résidus des productions et des commandes de l’industrie sont entassés et vendus à prix bas : des objets du quotidien, de l’alimentaire au mobilier, des matériaux de constructions et de décoration, etc. Nous y trouverons les planches de contreplaqué pour le plancher de la figue d’Odile !

L’éducation, suite mais pas fin

Le soir arrivant, les habitants du dôme nous accueillent autour d’un repas chaud. Ananda et Manu (absent) y habitent avec leurs deux enfants. Au départ, ce lieu était la salle de réunion des Péranches et, l’hiver approchant, la petite famille s’est vue proposer ce lieu de résidence. Recouvert de quelques bâches de plastique noir, l’isolation reste primaire. Sur les conseils de Guillaume, nous aiderons demain matin Ananda à aligner des bottes de paille tout autour de la structure pour isoler le niveau bas des courants d’air. p1000199Tout devient beaucoup moins évident lorsque l’on est maman de deux enfants. Étant donné l’âge des bambins, la question de l’éducation arrive rapidement sur la table, ainsi qu’une belle poêlée de légumes accompagnés de pâtes de riz.

Le projet de l’école alternative avance. Ananda complète notre entretien avec Marie – c’est aussi ça, tout l’intérêt de vivre ensemble. Ils sont déjà à la recherche d’un éducateur pour la rentrée 2017… Les yeux de Julie s’illuminent ! Nous avons pu consulter les documents du groupe de travail « pédagogie » avec les différents axes de développement : temps de présence des élèves annualisé, circulation entre les différentes classes, place des parents, etc. Notre système scolaire rencontre, certes, de grandes difficultés, mais des questions nous turlupinent… Bien sûr, une école alternative à Chinon, pourquoi pas ?! Créer des écoles alternatives privées, c’est bien plus facile que de tenter de réformer le système éducatif. Mais c’est aussi ne pas permettre à d’autres enfants dont les parents ne seraient pas avertis ou n’auraient pas les financements d’en bénéficier.

Se réapproprier l’espace public, c’est un besoin grandissant des populations, en témoigne Nuit Debout, les Incroyables Comestibles, etc. Ne serait-ce pas aussi réinvestir les structures publiques comme l’école ?

Julie est persuadée que c’est d’en bas que le changement viendra. Il faut aussi savoir d’ailleurs qu’ils sont nombreux à s’inspirer, sans forcément le clamer haut et fort, de la pédagogie Freinet ou Montessori. Dès les années 80, des groupes de travail Freinet se réunissaient p1000201déjà pour échanger autour de leurs pratiques, comme en témoigne Annie Eyrens une enseignante à la retraite. Aujourd’hui, ce sont les travaux de Maria Montessori qui sont sur toutes les lèvres et dont on retrouve le matériel et les ateliers au sein de l’école maternelle.

Les enseignants expérimentent. A ce propos, avez-vous entendu parler de Céline Alvarez *. Elle a exploré pour le compte de l’Éducation nationale, une pédagogie pendant deux ans qui remettait l’enfant au cœur de son apprentissage. Les résultats ont été stupéfiants… L’Éducation nationale a stoppé net l’expérience et mis aux oubliettes les résultats pourtant prometteurs. C’était sans conter la ténacité de l’enseignante qui est intervenue dans de nombreux médias. Ce blog est aussi un moyen de se poser des questions et d’y répondre ensemble ! N’hésitez pas à commenter !

L’éducation pour Ananda, orthophoniste de formation, c’est aussi celle de la vie, de son environnement proche. Quand ils ont su qu’elle était enceinte, ils ont cherché un lieu qui correspondait à leurs aspirations pour leur enfant. Si seulement être parents suffisait à réveiller les consciences ! Elle partage ses différentes expériences de vie en collectivité, dont un passage par Findhorn* en Écosse, un lieu de vie alternative qui a plus de 30 ans ! Elle nous avoue aussi l’incompréhension d’une partie de sa famille face à cette recherche de vie communautaire et de sobriété heureuse. Mais l’heure tourne et nous avons encore des articles sur le feu ! Rendez-vous est pris demain après-midi pour l’isolation du dôme.

 

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Aller plus loin dans la réflexion ?

*Les lois naturelles de l’enfant

Linguiste de formation, Céline Alvarez devient professeur des écoles en 2009 afin de tester l’efficacité d’une démarche pédagogique scientifique. . Pour mener cette expérience, Céline Alvarez a repris et développé les travaux du Dr Maria Montessori et posé ses conditions avec une école implantée dans un quartier défavorisé – Gennevilliers – , une classe d’âges mélangés, des tests scientifiques annuels pour mesurer les progrès des enfants, ainsi qu’une carte blanche pédagogique totale. Tout lui est accordé avec le soutien de sa hiérarchie et tout a si bien fonctionné qu’en 2014, l’éducation nationale stoppe net les travaux de recherche de l’enseignante. Grand bien lui fasse, Céline décide e partager le fruit de son travail et ainsi que les outils qui ont permis d’avoir un impact si positif auprès des enfants. Bingo, cette initiative se répand comme une traînée de poudre, si bien que cet été une conférence de trois jours a été organisée devant plus de 700 enseignants venus de toute la France et d’ailleurs !

https://www.celinealvarez.org/notre-demarche

** Findhorn

Cette association à but non lucratif fondée en 1962 est implantée au nord de l’Écosse dans la baie de Findhorn.D’abord connue pour son travail avec les plantes et la communication avec les royaumes de la nature, la Fondation Findhorn est devenue un centre d’éducation spirituelle et holistique vivant et travaillant en collaboration étroite avec les autres organisations et individus qui composent la communauté. Elle accueille chaque année des milliers de visiteurs qui restent au minimum une semaine afin de participer vraiment à la vie communautaire. Avec le projet d’Ecovillage, une collaboration active avec les Nations Unies et les initiatives locales d’Agenda 21 met en pratique les principes porteurs de développement tels que proposés par le Sommet de la Terre (Rio 1992) et Habitat II (Istambul 1996).

https://www.findhorn.org/francais/

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